C'est l'un des paradoxes chatoyants de la matrice, celui du décor qui s'imprègne et imprègne le temps et de son usure visuelle. Chaque écaille de peinture qui se détache sur un mur; chaque choc, chaque chic éraflure, chaque séquelle est en soit une oeuvre d'art, celle du temps qui érode le décor lisse de la Matrice, notre hallucination collective. Ce mur est un résumé, un palimspeste urbain, un voile usé et tâché devant lequel nous fuyons notre "tous les jours" qui ne regarde plus rien. Personne ne se soucie plus de la parure du monde, de son son, de ses signes et de son silence bavard. Nous allons de A à B et de B à C puis de Z à X comme autant d'électromagnétiques trajectoires sans voir ces immenses couloirs qui nous conduisent...comme des bêtes aveuglées. Nous consommons nos vies commes des produits déjà périmés.
La décoration intérieure existe sûrement déjà derrière ce mur. Passe par la fenêtre et tu verras la réplique dans l'obscurité ! C'est le style de couleurs et de photo qui m'attire pour créer et coller les papiers en ville.