Belle composition pour la princesse qui n'a qu'un oeil mais qui voit tout... Les portes de l'armoire qui forment un rideau pour la scène, la ligne qui unit les drapés en perspective, le galbe de la gazelle et les tons nous emmènent tout droit vers l'école flamande... A des fins d'analyses complémentaires, ce serait bien que le sortilège parvienne jusqu'au vaisseau en gravitation par des moyens épistolaires modernes... Au fait, il est où le bleu ? Dans ce flou en bas à gauche où la sorcière confectionne ses philtres d'amour et ses breuvages étranges ? Un seul mot, coloré je concède, apporte un éclairage onirique à l'interprétation du libellé de la libéllule aux pattes gracieuses. Le bleu est partout et nulle part si ce n'est dans l'imaginaire du visuel (un bleu à l'âme, le blues, la blessure, le froid, le ciel, l'infini ?). C'est cela la magie du verbe, non ? Une vibration des sens qui brodent une autre réalité.