Visions intuitives sans expérience préalable et jeux photographiques
Par tRiol
(mai05)
« Grise se réveillait chaque matin avec la tristesse, dont un rêve récurrent augmentait le contraste, appuyant plus fort sur la douleur. Invariablement, la même scène. Elle était devant le panneau, à chercher les couleurs puis, ne les trouvant pas, elle seffondrait contre le mur, se recroquevillait, comme pour entrer dans les pierres, submergée par labandon, le vide, ce vertige de lirréversible. Elle pleurait. Elle pleurait de tout son ventre, de toutes ses eaux, plus fort quelle naurait jamais pu le faire dans le réel. La tristesse avait pris corps palpable, lengloutissait, et plus elle pleurait et plus elle grossissait, jusqu'à l'avaler, le poids des temps à venir, ainsi, dans lécoulement glacé de labsence, avait le goût dune mort debout, dune mort qui ne viendrait pas, et lodeur dune prison au ciel trop grand pour savoir contenir sa solitude sans y perdre son âme Alors, doucement, les herbes la saisissaient, aux chevilles, aux poignets, et lattiraient vers leurs racines. Elle senfonçait, sans réaction, reconnaissante, sous la terre. Et, à un moment, tout soudain, il était là. Vite, il dégageait ses pieds, ses jambes, et la prenait dans ses bras en lui parlant tendrement. Et les larmes se transformaient dans sa poitrine, explosaient de stupeur bienheureuse, de soulagement et de joie. Un bonheur infini ramenait à la vie le monde. « Serre-moi, serre-moi encore » prononçait-elle, juste en pensée mais de toutes ses forces, car les mots ne savaient qu'hoqueter sur le torrent salé de son cur fondu. Et cest ici quelle se réveillait, toujours, encore plus seule, plus froide, encore plus triste que la veille. »
(Tiré de [...]*)
* un roman en cours d'écriture peut en cacher un autre...
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